Détective-scribe
Journal de bord, du 24 mai 2025
Après être rentré la veille de la séance cinéma du remake en live action de Lilo & Stitch, j’étais d’une humeur très Disney. J’ai alors pris le temps de m’asseoir un moment et de relire les derniers magazines Mickey et Picsou que je n’avais pas encore eu le temps de découvrir durant l’année.
Je commence par le numéro du 14 mai du Journal de Mickey, qui met en avant Daisy Duck dans une histoire où elle tente de réaliser ses rêves d’enfance. Une aventure touchante, presque introspective, qui tranche avec l’image parfois secondaire du personnage. Ici, Daisy devient le cœur du récit.
Graphiquement, le travail de Giada Perissinotto est remarquable. Déjà connue pour ses contributions sur W.I.T.C.H. et Angel’s Friends, elle propose des planches dynamiques, expressives, avec une palette de couleurs vive et chaleureuse. Son style moderne, très lisible, apporte une vraie fraîcheur à l’histoire.
Dans la foulée, je poursuis avec Super Picsou Géant n°248. Et comme souvent avec ce magazine, on change complètement d’ambiance : plus dense, plus ambitieux, plus “événementiel”.
Et là, surprise : un crossover entre Mickey détective et Donald dans son alter ego Fantomiald.
Ce numéro 248 peut être décrit sans exagération comme une véritable “friandise” pour les fans. Il s’adresse clairement à ceux qui ont grandi avec ces personnages et qui connaissent leurs univers respectifs.
L’intrigue démarre à Mickeyville : Mickey est chargé par le commissaire Finot de retrouver un journaliste disparu, parti enquêter sur des activités suspectes à Donaldville. Une mission classique… qui va rapidement devenir bien plus complexe.
Arrivé à Donaldville, notre détective aux grandes oreilles décide de frapper à la porte de son ami Donald pour prendre de ses nouvelles.
Il l'ignore mais ce dernier n’est pas seulement le canard maladroit que l’on connaît. Il est aussi Fantomiald, le fameux justicier masqué opérant dans l’ombre.
Et c’est là que le cœur du récit prend toute sa force.
D’un côté, Mickey, méthodique, rigoureux, représentant d’un ordre légal structuré.
De l’autre, Fantomiald, plus instinctif, plus imprévisible, évoluant en marge des règles.
Le choc des méthodes est immédiat.
Mickey désapprouve les procédés de Fantomiald, qu’il juge trop clandestins. Mais très vite, il comprend qu’à Donaldville, les règles du jeu sont différentes. La police y est moins efficace, l’environnement plus chaotique, avec des habitants qui semblent tous aussi excentriques et grincheux qu’oncle Picsou.
Le duo fonctionne alors par opposition, mais aussi par complémentarité. Cette tension narrative donne lieu à des scènes d’action rythmées, mais aussi à des échanges savoureux entre les deux personnages.
Ce numéro, que l’on pourrait qualifier de gros fan service, s’adresse surtout, selon moi, aux lecteurs de longue date de Picsou et de Mickey. Ces derniers ont sans doute pris plaisir à repérer les nombreux clins d’œil bien sympathiques aux deux franchises :
• la célèbre 313 de Donald,
• Iga Biva, le vieux pote extraterrestre de Mickey,
• les neveux, qui font du foot,
• et toute une galerie de personnages secondaires emblématiques.
Autant d’éléments qui rappellent que nos deux héros vivent certes dans deux villes différentes, mais partagent bien le même univers : celui du Calisota.
Lorsqu’on regarde les réactions en ligne, en Italie comme aux États-Unis, tout le monde parle d’un événement unique et sans précédent. Mais la vérité, c’est que ce n’est pas le premier crossover.
En effet, les héros des deux villes du Calisota ont déjà eu plusieurs aventures ensemble. Voici une liste chronologique des anciens crossovers publiés en France :
• En 2005, dans le numéro 126 de Super Picsou Géant, intitulé « Une île nommée Mythologia ! », les neveux de Picsou et les amis de Mickey se sont croisés pour une aventure commune sur une île habitée par des dieux grecs et leurs animaux mythologiques. À ma connaissance, ce fut le plus long crossover de l’histoire du magazine.
• En 2009, dans le numéro 309 de Mickey Parade, on assiste à la formation des Ultra-Héros, une équipe de super-héros composée notamment de Super Dingo et Fantomiald, qui tente de sauver Picsou, enlevé par des super-vilains, parmi lesquels figure le Fantôme Noir. C’est d’ailleurs là que j’ai vu Mickey et Fantomiald ensemble pour la première fois !
• Avant cela, en 2017, dans le numéro 198 de Super Picsou Géant, on découvre une aventure intitulée « Powerduck contre doubleduck », où deux versions de Donald — celle du présent, espion sous l’identité de Double Duck, et celle du futur, shérif de l’espace sous l’identité de Power Duck — se retrouvent face à face dans une incroyable histoire. Mais comme tout cela se passe à Donaldville, je suppose que cela ne compte pas vraiment.
• En 2019, entre les numéros 3472 et 3520 du Journal de Mickey, nous avons eu droit à une incroyable histoire intitulée « À la recherche de la pierre zodiacale », dans laquelle tous les héros de Mickeyville et de Donaldville s’unissent pour une aventure feuilletonesque afin de retrouver les fragments d’une pierre capable de lire l’avenir.
• En 2020, dans le numéro 221 de Super Picsou Géant, on assiste à l’arrivée de Picsou à Mickeyville, où il va tenter, avec l’aide de Mickey, de sauver Noël.
Ces récits montrent que les ponts entre Mickeyville et Donaldville existent depuis longtemps. Mais ce qui change aujourd’hui, c’est peut-être la manière de les raconter : plus modernes, plus structurées, plus proches des standards narratifs actuels(sous l'influence de Marvel studios)
Bref, il y en a sûrement d’autres, mais ce sont surtout celles-là dont je me souviens.
En refermant ces magazines, une chose s’impose : malgré les années, la magie opère toujours.
Il y a quelque chose de profondément réconfortant dans ces lectures. Que ce soit une aventure de Daisy pleine d’émotion ou un crossover explosif entre Mickey et Fantomiald, chaque histoire parvient à retrouver ce mélange si particulier d’humour, d’aventure et de sincérité.
Ces magazines ont cette capacité rare de s’adresser à plusieurs générations à la fois. On peut les lire enfant pour l’action et les gags, puis les redécouvrir plus tard avec un regard différent, en appréciant davantage l’écriture, les références, ou le travail des auteurs.
Et surtout, ils créent une continuité invisible : celle des souvenirs.
Relire Le Journal de Mickey ou Picsou Magazine, ce n’est pas seulement suivre de nouvelles aventures. C’est aussi retrouver une partie de soi-même, une époque, des habitudes, un rituel presque.
Dans un monde où tout va de plus en plus vite, où les contenus se consomment et s’oublient rapidement, ces magazines continuent d’exister avec une forme de constance rassurante. Ils évoluent, bien sûr, mais sans jamais perdre ce qui fait leur identité.
Et quelque chose me dit que, même après toutes ces années, ces histoires ont encore beaucoup à nous raconter.
Sur ce, je vous laisse.
Il me reste encore le numéro 586 de Picsou Magazine à lire… celui avec le retour de Myster Mask.